- existentialisme
-
existentialisme [ ɛgzistɑ̃sjalism ] n. m.• 1925, répandu v. 1945; de existentiel♦ Philos. Caractère d'une philosophie qui est centrée sur l'homme, avec ses caractères irréductibles. L'existentialisme de Socrate, de Heidegger. — Spécialt Doctrine philosophique selon laquelle l'homme n'est pas déterminé d'avance par son essence, mais est libre et responsable de son existence. L'existentialisme de Sartre. ⊗ CONTR. Essentialisme.
● existentialisme nom masculin (de existentiel) Doctrine philosophique qui met l'accent sur le vécu humain plutôt que sur l'être et qui affirme l'identité de l'existence et de l'essence, ou leur parfaite complémentarité.existentialismen. m. PHILO Mouvement philosophique moderne, ensemble de doctrines qui ont en commun le fait de placer au point de départ de leur réflexion l'existence vécue de l'individu, de l'homme dans le monde, et la primauté de l'existence sur l'essence. "L'existentialisme est un humanisme" (J.-P. Sartre).⇒EXISTENTIALISME, subst. masc.PHILOSOPHIEA.— Gén. [P. oppos. à une philos. abstr., essentielle, conceptuelle] Toute philosophie qui a pour objet l'homme qui existe. L'existentialisme de Socrate, de Pascal, de Maine de Biran. Anton. essentialisme :• 1. L'existentialisme s'adosse à une longue galerie d'ancêtres. L'histoire de la pensée est jalonnée d'une série de réveils existentialistes, qui ont été pour la pensée autant de conversions à elle-même, de retours à sa mission originelle. C'est l'appel de Socrate opposant aux rêveries cosmogoniques des physiciens d'Ionie l'impératif intérieur du « Connais-toi toi-même ». C'est le message stoïcien, rappelant à la maîtrise de soi, à l'affrontement du destin, les Grecs infatigables dans les jeux légers du sophisme et de la dialectique.MOUNIER, Introd. aux existentialismes, Paris, Denoël, 1947, pp. 8-9.B.— Spéc. Existentialisme moderne. Philosophie qui affirme le primat de l'existence vécue, individuelle, irréductible à un concept, une définition, une essence. Existentialisme de Kierkegaard; existentialisme athée de J.-P. Sartre; existentialisme chrétien de G. Marcel. Avec lui [Sartre] le mot d'existentialisme, qui ne semblait pas, aux spécialistes, devoir passer l'université — ils oubliaient la valeur magique des mots et qu'ils frappent d'autant plus qu'ils sont obscurs — entre dans la bouche du bourgeois et de sa concierge (M. BEIGBEDER, L'Homme Sartre, Paris, Bordas, 1947, p. 18, 19) :• 2. Qu'une réflexion concrète sur certaines expériences que chacun peut faire s'il veut, y discerne le mystère de l'Être, que le recueillement conduise à un Dieu personnel dont la présence donne l'homme à lui-même en réponse à son invocation, — cela, me semble-t-il, caractérise l'existentialisme chrétien et fait l'originalité de G. Marcel.R. VERNEAUX, Leçons sur l'existentialisme et ses formes principales, Paris, P. Téqui, 1948, p. 161.Prononc. :[
]. Cf. é-1. Étymol. et Hist. 1944 (A. ASTRUC, Huis clos de J.-P. Sartre ds Poésie 44, n° 20, juill.-oct., p. 105). Dér. de existentiel; suff. -isme. Fréq. abs. littér. :76. Bbg. DUB. Dér. 1962, p. 35. — SARTRE (J.-P.). L'existentialisme est-il un humanisme? Paris, 1946.existentialisme [ɛgzistɑ̃sjalism] n. m.ÉTYM. 1925; répandu v. 1945 (un ex. de 1944, in T. L. F.); de existentiel (1.), et -isme. → Existence.❖♦ Mise en relief de l'importance philosophique qu'a l'existence individuelle, avec ses caractères irréductibles (Lalande, Sixième édition). || L'existentialisme de Socrate, de Kierkegaard, de Heidegger, de Jaspers, etc.1 À la rigueur, il n'est pas de philosophie qui ne soit existentialiste. La science arrange les apparences. L'industrie s'occupe des utilités. On se demande ce que ferait une philosophie si elle n'explorait l'existence et les existants. Cependant, on attache plus volontiers le nom d'existentialisme à un courant précis de la pensée moderne. En termes très généraux, on pourrait caractériser cette pensée comme une réaction de la philosophie de l'homme contre l'excès de la philosophie des idées et de la philosophie des choses.E. Mounier, Introd. aux existentialismes, p. 8.♦ Spécialt. Doctrine philosophique selon laquelle l'existence de l'homme précède son essence, lui laissant la liberté et la responsabilité de se choisir. || L'existentialisme athée de J.-P. || Sartre (→ Existence, cit. 7). || L'existentialisme est un humanisme, ouvrage de J.-P. Sartre. || L'existentialisme chrétien.2 (…) si vraiment l'existence précède l'essence, l'homme est responsable de ce qu'il est. Ainsi, la première démarche de l'existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence.Sartre, L'existentialisme est un humanisme, p. 24.3 L'existentialisme a deux formes : l'une avec Kierkegaard et Jaspers débouche dans la divinité par la critique de la raison, l'autre, que j'appellerai l'existentialisme athée, avec Husserl, Heidegger et bientôt Sartre, se termine aussi par une divinisation, mais qui est simplement celle de l'histoire, considérée comme le seul absolu.❖CONTR. Essentialisme.DÉR. Existentialiste.
Encyclopédie Universelle. 2012.